La restauration des terres et des mers dans l’Union européenne (UE) est un sujet qui divise à plus d’un titre.
Le 17 juin 2024, le Conseil de l’UE a adopté la loi sur la restauration de la nature, qui vise à restaurer au moins 20 % des zones terrestres et maritimes de l’UE d’ici à 2030 et tous les écosystèmes nécessitant une restauration d’ici à 2050. Ses objectifs sont juridiquement contraignants.
La mesure a été approuvée après que l’Autriche et la Slovaquie ont changé leur position en faveur du “oui”, ce qui a permis d’atteindre la majorité qualifiée requise de 65 %. La loi devait être entérinée en mars, mais elle a été retardée à la suite du désistement de la Hongrie.
Au total, 20 des 27 États membres de l’UE ont voté en faveur du règlement, ce qui représente 66,07 % des voix. Six États membres ont voté contre : L’Italie, la Hongrie, les Pays-Bas, la Pologne, la Finlande et la Suède. La Belgique s’est abstenue.
Le vote d’un ministre suscite la controverse en Autriche
Les ministres de l’environnement des États membres participant à la réunion du Conseil “Environnement” ont été chargés de voter au nom de leur pays. Les agences de presse font état d’un décalage entre la représentante de l’Autriche, Leonore Gewessler (Verts), qui a voté en faveur de la loi sur la restauration de la nature, et les souhaits des puissants membres du gouvernement de son pays.
Le chancelier fédéral autrichien Karl Nehammer a écrit au premier ministre belge Alexander de Croo que l’Autriche avait l’intention de s’abstenir lors du vote en invoquant “un avis uniforme des gouvernements régionaux (Bundesländer), contraignant pour le gouvernement fédéral en vertu du droit constitutionnel autrichien, ainsi que l’absence de consensus au sein du gouvernement fédéral autrichien” comme raison de l’abstention. Dans la lettre datée du 16 juin 2024, Nehammer souligne que Gewessler ne peut pas donner son accord à la loi sur la restauration de la nature car elle n’est “pas habilitée à engager la République d’Autriche”.
Mme Gewessler a répondu à la réaction de M. Nehammer dans sa propre lettre au premier ministre belge, rejetant les affirmations de la chancelière comme étant “incorrectes” et indiquant qu’elles ne reflétaient pas la situation juridique autrichienne.
La réunion du Conseil de l’environnement était présidée par Alain Maron, ministre de l’environnement représentant la Belgique, qui assure la présidence en exercice du Conseil.
Avant la réunion, M. Maron a déclaré aux journalistes qu’il était légal pour Mme Gewessler de voter en faveur de la mesure malgré la position de son gouvernement. Le chancelier autrichien n’est pas d’accord.
Le chancelier autrichien confirme la décision d’annuler le vote
M. Nehammer, qui, en tant que chancelier, est le chef du gouvernement autrichien et préside également le parti populaire autrichien (ÖVP), a confirmé qu’il demanderait l’annulation du vote auprès de la Cour européenne de justice, comme l’a rapporté le Kurier. Le chancelier a tweeté son opinion selon laquelle le ministre avait violé la loi.
La ministre Gewessler a déclaré aux journalistes, plus tôt dans la journée, que son vote en faveur de la loi sur la restauration de la nature était légal, en vertu d’une expertise juridique approfondie.
L’ÖVP a déposé une plainte pénale contre M. Gewessler pour “abus de pouvoir”, rapporte Euractiv, citant le secrétaire général du parti, Christian Stocker.
Le gouvernement actuel, dirigé par Nehammer, est une coalition entre le parti conservateur ÖVP et les Verts. Les prochaines élections générales auront lieu le 29 septembre pour élire le Conseil national, la chambre basse du Parlement, pour un mandat de cinq ans.
Autres points de l’ordre du jour du Conseil Environnement
Par ailleurs, les ministres de l’UE ont adopté des approches générales (“accords politiques”) sur la directive relative aux allégations vertes, la directive relative à la surveillance des sols et la révision de la directive-cadre sur les déchets.
Les ministres ont également tenu un débat d’orientation sur la communication de la Commission européenne sur l’objectif climatique de l’Europe pour 2040 et la voie vers la neutralité climatique d’ici 2050, qui recommande de réduire les émissions nettes de gaz à effet de serre de l’UE de 90 % d’ici 2040 par rapport à 1990.
Enfin, les ministres de l’UE doivent approuver les conclusions de l’examen à mi-parcours du huitième programme d’action pour l’environnement, conçu pour fournir des orientations sur la voie à suivre en vue d’une transition verte, juste et inclusive pour une Europe durable.
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Note de l’éditeur : la source du résultat du vote se trouve ici. Voir vote détaillé” sous le point de l’ordre du jour “Loi sur la restauration de la nature”.
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A propos de l’auteur : Uzair Aftab, rédacteur indépendant, réalise des reportages sur l’Europe et l’UE pour 3E. Il a travaillé comme rédacteur, éditeur et manager dans la salle de presse de S&P Global pendant plus de dix ans. Il a couvert les nouvelles de dernière heure et les articles axés sur les données pour les institutions financières américaines, principalement les banques et les caisses d’épargne. Il s’intéresse actuellement au secteur des déchets dans l’Union européenne.
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