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Le 21 mai 2024, le Tribunal international du droit de la mer (TIDM) a rendu son avis consultatif selon lequel les nations (ou États) ont l’obligation de protéger le milieu marin contre les effets du changement climatique. Cet avis fait suite à une demande de la Commission des petits États insulaires sur le changement climatique et le droit international (COSIS).
Dans un avis unanime rendu par le juge Albert Hoffman, la Cour a répondu aux questions suivantes :
Quelles sont les obligations spécifiques des États parties à la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM), notamment au titre de la partie XII :
- Prévenir, réduire et contrôler la pollution du milieu marin en ce qui concerne les effets délétères qui résultent ou sont susceptibles de résulter du changement climatique, notamment du réchauffement des océans et de l’élévation du niveau de la mer, ainsi que de l’acidification des océans, causés par les émissions anthropiques de gaz à effet de serre dans l’atmosphère ?
- Protéger et préserver le milieu marin face aux effets du changement climatique, notamment le réchauffement des océans, l’élévation du niveau de la mer et l’acidification des océans ?
Selon l’avis consultatif, “…en vertu du paragraphe 1 de l’article 194 de la Convention, les États parties à la Convention ont l’obligation spécifique de prendre toutes les mesures nécessaires pour prévenir, réduire et maîtriser la pollution marine due aux émissions anthropiques de gaz à effet de serre et de s’efforcer d’harmoniser leurs politiques à cet égard”.
Les tribunaux sont de plus en plus sollicités pour les litiges relatifs au changement climatique
Le 12 décembre 2022, COSIS a soumis sa demande d’avis consultatif sur l’obligation des nations de protéger le milieu marin des conséquences du changement climatique.
Le COSIS est composé des nations insulaires suivantes : Tuvalu, Palau, Niue, Vanuatu, Sainte-Lucie, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Saint-Kitts-et-Nevis et les Bahamas.
Bien que cet avis très attendu ne soit pas contraignant, il pourrait servir d’indicateur pour les affaires à venir devant d’autres tribunaux. Selon la base de données sur les litiges liés au changement climatique du Sabin Center for Climate Change Law de la Columbia Law School, il existe aujourd’hui des centaines d’affaires liées au changement climatique dans le monde.
D’autres actions récentes, telles que la décision de la Cour supérieure de justice de Loreto, au Pérou, selon laquelle le fleuve Marañón est une entité ayant le droit d’exister sans pollution, et l’arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) concernant l’impact du changement climatique sur les droits de l’homme des KlimaSeniorinnen Schweiz, suggèrent que de nombreux tribunaux réagissent favorablement à la position selon laquelle les pays et les citoyens peuvent demander à d’autres nations de rendre des comptes sur le changement climatique.
L’avis est une victoire pour les nations durement touchées par le changement climatique
Les experts en environnement saluent cette décision comme un pas dans la bonne direction.
“Compte tenu de la gravité des dommages climatiques causés aux océans et du risque sérieux que représente une augmentation de la température supérieure à 1,5 °C, le Tribunal a clairement indiqué que les États doivent se montrer plus exigeants pour remplir leurs obligations en matière de prévention des dommages transfrontaliers et de protection du milieu marin”, a déclaré Upasana Khatri, avocate principale du Centre for International Environmental Law (Centre pour le droit international de l’environnement). ”
La simple participation aux efforts mondiaux ne suffit pas à satisfaire cette norme stricte, a ajouté M. Khatri. “Au contraire, les États doivent prendre les mesures nécessaires et efficaces, en utilisant les ressources à leur disposition, pour atténuer les émissions de toutes les activités relevant de leur juridiction ou de leur contrôle et menées par des acteurs publics et privés, ce qui renforce l’importance de la responsabilité des entreprises”.
Sur X (anciennement Twitter), le Premier ministre d’Antigua-et-Barbuda, Gaston Browne, a salué l’avis comme une victoire. “Les petits États insulaires luttent pour leur survie”, a déclaré M. Browne, qui craint que certains d’entre eux ne deviennent inhabitables dans un avenir proche en raison de l’incapacité à réduire les émissions de gaz à effet de serre. “Nous exigeons que les principaux pollueurs respectent le droit international et mettent fin aux dommages catastrophiques dont nous sommes victimes avant qu’il ne soit trop tard. L’avis du Tribunal international du droit de la mer guidera notre action juridique et diplomatique future pour mettre fin à l’inaction qui nous a conduits au bord d’un désastre irréversible”.
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A propos de l’auteur : Graham Freeman est un journaliste de 3E basé à Toronto, où il couvre l’actualité des ESG et du développement durable. Graham est rédacteur de contenu et rédacteur technique dans l’industrie technologique depuis plus de dix ans. Il a également travaillé comme professeur et conférencier à l’université Queen’s, à l’université de Toronto et au George Brown College.
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