Face à la prévalence des substances per- et polyfluoroalkyl substances (PFAS) et aux dangers qu’elles représentent pour la santé humaine et environnementale, le gouvernement canadien prend des mesures pour réduire la prévalence des PFAS afin de promouvoir un Canada plus sain.
En juillet 2024, le gouvernement canadien a publié une mise à jour du projet de rapport sur l’état des PFAS, qui évalue les dangers des PFAS, ainsi qu’un champ d’application révisé de la gestion des risques, détaillant des solutions pour réduire la quantité de PFAS distribuée au Canada.
Les PFAS sont une catégorie de plus de 4 700 substances chimiques d’origine humaine utilisées dans la fabrication de nombreux produits ménagers courants.
Ils sont présents dans la crème solaire que vous appliquez à vos enfants en été, dans les emballages alimentaires qui contiennent votre déjeuner de la journée et même dans le tissu du canapé sur lequel vous vous détendez le soir.
Bien qu’ils soient les éléments constitutifs de nombreux produits dont nous dépendons pour notre confort quotidien, des preuves scientifiques continuent de montrer que les PFAS contaminent à la fois le corps humain et l’environnement, et ont un impact sur la santé de chacun.
Comme l’indique leur surnom commun, “produits chimiques éternels”, les PFAS ne sont pas près de disparaître.
L’une des principales caractéristiques des PFAS est leur structure chimique qui résiste à la dégradation et repousse l’eau et l’huile.
Non seulement des études ont trouvé des PFAS dans des environnements naturels, notamment dans les eaux souterraines, le sol et même l’air, mais la recherche confirme que les PFAS s’accumulent dans le corps humain et ont un impact sur les systèmes et les organes de l’organisme.
“Compte tenu des milliers de substances appartenant à la catégorie des PFAS et de l’évolution de leurs utilisations, il est impératif que nous continuions à impliquer les Canadiens et la communauté scientifique alors que nous fournissons de nouveaux outils pour garantir un environnement plus propre pour tous”, a déclaré Steven Guilbeault, ministre de l’environnement et du changement climatique.
Commentaires du public intégrés au rapport
Le projet d’état des PFAS a été publié pour la première fois en mai 2023, suivi d’une période de consultation publique de 60 jours.
La version 2024 prend en compte ces commentaires publics, la mise à jour la plus notable étant la différenciation entre les PFAS et les polymères fluorés, qui présentent des risques différents pour la santé humaine et environnementale.
Le gouvernement canadien propose donc une analyse et une réponse distinctes pour les polymères fluorés, indépendamment des études menées sur les PFAS.
Plus de 130 organisations et personnes du grand public ont soumis des commentaires sur le projet initial.
Selon le résumé des commentaires du public publié par le gouvernement, plus de 200 commentaires soutiennent la conclusion du projet selon laquelle les PFAS sont toxiques.
D’autres commentaires soumis à la version actualisée de l’état des PFAS comprennent des demandes de recherches et d’investissements supplémentaires sur la surveillance des effets des PFAS, un appel à une plus grande transparence gouvernementale concernant les PFAS dans l’eau potable, et des affirmations sur l’urgence d’une réglementation plus complète sur les PFAS.
État des lieux des PFAS : Effets sur la santé humaine
Le rapport sur l’état des PFAS se penche sur la recherche scientifique concernant les effets de l’exposition aux PFAS sur la santé humaine.
Sur les milliers de substances classées comme PFAS, moins de 50 sont actuellement surveillées dans les systèmes humains.
Néanmoins, la recherche conclut que les PFAS sont présents dans le sang de près de 100 % de la population canadienne.
Les tendances métriques comprennent des niveaux plus élevés de certains types de PFAS chez les hommes que chez les femmes et des niveaux plus élevés chez les adultes que chez les enfants.
Même le lieu de résidence et la profession ont une incidence sur le potentiel d’exposition aux PFAS, puisque le rapport précise que la population autochtone du nord du Canada a tendance à présenter des niveaux plus élevés de PFAS, et que les pompiers en particulier semblent présenter des niveaux plus élevés par rapport à la population générale.
Les humains sont exposés à une variété de composés PFAS individuels, et les chercheurs ont déterminé qu’ils sont “facilement absorbés par l’organisme et sont éliminés très lentement”.
Comme l’a souligné le ministre de la santé, Mark Holland, la recherche indique “que ces produits chimiques peuvent avoir des effets néfastes sur notre santé, notamment sur le foie, les reins, la thyroïde, la reproduction et le développement, ainsi que sur les systèmes immunitaire et nerveux”. Le rapport détaille les effets suivants sur la santé :
- En tant qu’organes responsables de la désintoxication du corps, le foie et les reins sont particulièrement sensibles aux PFAS, et le rapport indique que le foie et les reins sont exposés à des risques de maladies chroniques dues à l’accumulation de PFAS.
- Le système endocrinien, responsable de la production d’hormones, est sujet à une dérégulation due à l’exposition aux PFAS.
- La thyroïde, qui contrôle le métabolisme, est spécifiquement visée, la recherche reconnaissant que les PFAS ont le potentiel de provoquer des maladies thyroïdiennes, augmentant le risque d’obésité et de diabète.
- L’exposition aux PFAS a un impact sur le système nerveux, entraînant des effets neurologiques tels que des troubles du comportement et une altération des fonctions cognitives.
En outre, l’exposition aux PFAS a un impact sur les systèmes reproductifs masculin et féminin, ce qui réduit les chances de grossesse et retarde le développement pendant la grossesse et les premiers stades de la vie.
Chez les femmes, l’exposition aux PFAS est associée à une diminution des niveaux d’hormones nécessaires à la conception, ainsi qu’à des taux plus élevés de complications de la grossesse telles que la pré-éclampsie et l’hypertension induite par la grossesse.
On sait que les PFAS passent de la mère à l’enfant par le placenta pendant la grossesse et, après la naissance, par le lait maternel.
Chez les hommes, les PFAS sont connus pour diminuer le nombre et la mobilité des spermatozoïdes.
Les chercheurs ont également noté que le système immunitaire humain est compromis par l’exposition aux PFAS de deux manières : l’immunosuppression et l’immuno-renforcement.
L’immunosuppression signifie que le corps ne réagit pas aussi bien aux vaccinations, ce qui entraîne une augmentation des cas de maladies infectieuses.
Le renforcement de l’immunité se traduit par une sensibilité accrue aux allergènes ou à des réactions hypersensibles, telles que l’asthme.
État des lieux des PFAS : Effets sur la santé environnementale
Les PFAS sont présents dans les écosystèmes du monde entier.
Si des concentrations élevées sont généralement observées à proximité des points de production industrielle, des décharges et des stations d’épuration des eaux usées, des composés PFAS ont également été trouvés dans des zones reculées et dans la faune sauvage, loin des sources industrielles.
Les PFAS sont présents dans divers environnements à travers le monde, depuis les sources naturelles d’eau douce et les océans jusqu’aux terres agricoles et aux terrains de l’Arctique et de l’Antarctique.
À l’instar de l’accumulation constatée dans le corps humain, les PFAS sont connus pour s’accumuler dans les tissus de la faune, y compris les mammifères terrestres et aquatiques, les amphibiens et les oiseaux.
La prévalence des PFAS dans l’environnement n’affecte pas seulement la diversité biologique et la santé globale de l’écosystème, mais augmente également l’exposition humaine.
En s’infiltrant dans l’eau potable, dans la composition des sols utilisés pour les produits commerciaux et dans les animaux utilisés pour l’alimentation, il est difficile d’éviter les PFAS, même si l’on consomme des aliments biologiques.
Les recherches actuelles en matière de surveillance ne permettent pas de détecter toute la classe des PFAS dans les écosystèmes, ce qui peut entraîner une sous-estimation de leur prévalence et de leurs concentrations dans l’environnement.
Périmètre de gestion des risques : Plan d’action du Canada contre les PFAS
Les conclusions de la version actualisée du rapport sur l’état des PFAS ont amené le gouvernement canadien à proposer d’ajouter la catégorie des PFAS à la partie 2 de l’annexe 1 de la loi canadienne sur la protection de l’environnement (LCPE), soumettant ainsi cette catégorie à une réglementation gouvernementale et à des pratiques de gestion des risques plus poussées.
Le champ d’application de la gestion des risques définit les objectifs proposés comme suit : “réduire[ing] les rejets de ces substances dans l’environnement canadien afin d’éviter les effets néfastes ; et réduire les émissions de gaz à effet de serre dans l’environnement. [ing] l’exposition de la population générale, y compris les populations touchées de manière disproportionnée, à ces substances afin de protéger la santé humaine”. Certaines PFAS individuelles sont déjà réglementées au titre de la LCPE, mais pas toutes. Le cadre de gestion des risques propose de restreindre davantage les PFAS dans les mousses anti-incendie et de réglementer la fabrication et l’importation des PFAS dans d’autres secteurs, de manière à réduire leur prévalence au Canada. Le document suggère également des pratiques volontaires de gestion des risques, notamment l’augmentation des informations disponibles en amont sur les emballages des produits contenant des PFAS, l’élimination progressive volontaire des PFAS des processus de fabrication et l’élaboration d’évaluations alternatives des substituts des PFAS. Le cabinet d’avocats canadien McMillan LLP a publié un rapport sur l’état initial des PFAS qui prévoit la réglementation d’un plus grand nombre de composés PFAS, et les entreprises opérant au Canada devraient prendre des mesures proactives pour se préparer en évaluant et en éliminant progressivement l’utilisation de ces substances lorsque cela est possible. “Il est probable que les entreprises seront finalement tenues de le faire, ce qui les aidera à respecter les nouvelles normes réglementaires en matière de divulgation, de gestion, de substitution, de notification et d’assainissement de ces substances”, a évalué le cabinet McMillan LLP dans un article publié sur son blog.
sur le blog du cabinet.
Les commentaires du public sur le rapport actualisé sur l’état des PFAS et le champ d’application révisé de la gestion des risques sont attendus pour le 11 septembre 2024 et seront pris en compte dans la prochaine version des deux publications.
Les commentaires peuvent être envoyés au contact suivant :
Division de la priorisation, de l’évaluation et de la coordination des substances, Direction de la science et de l’évaluation des risques, Direction de la science et de la technologieÉvaluation des risques, Direction générale de la science et de la technologieEnvironnement et changement climatique Canada351, boulevard Saint-JosephGatineau QC K1A 0H3Téléphone : 1-800-567-1999 (à l’intérieur du Canada) 1-800-567-1999 (au Canada) ou 819-938-3232 (à l’extérieur du Canada) Courriel : substances@ec.gc.ca
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